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Mes journées au cinemaplex du Gange

Mes journées au cinemaplex du Gange


Robert Hirschfield joue un rôle dans le film de son professeur.

MON AMI ISABELLE m'a raconté une fois à quel moment elle avait posé sa question répétée sur la conscience à son professeur, feu Nisargadatta de Bombay. Il lui ordonna de sortir de sa chambre haute d'un coup de doigt sévère. Bannie pendant trois longs jours de sa férocité et de sa fumée bidi, elle a terriblement souffert.

Cela m'a fait m'interroger sur les voies des enseignants spirituels. Cela m'a fait penser à Sujata Ma, une enseignante que j'avais à Bénarès. Elle était ronde comme une boulette, mais très solide. Elle était une enseignante de la non-dualité, un enseignement que les chercheurs occidentaux sont attirés par les mouches au miel. Dans de nombreux cas, des mouches distraites, à moitié cuites, se déplaçant des sanctuaires aux rivières en passant par les grottes sur ses vastes genoux à la recherche de la vérité. Ou quelque chose.

Elle nous a trouvés très drôles. Nous étions les films spirituels comiques qu'elle regardait tous les jours. Nous étions son Cinemaplex du Gange. Elle fit de son mieux pour étouffer ses rires dans les plis de son sari, car elle avait tendance à être quelque peu réservée en fait. Mais quand elle a croisé les yeux avec vos yeux, vous saviez que vous y étiez.

«Vous allez à l'ashram Ramana Maharshi, puis vous montez dans un train et vous allez à Bombay pour entendre ce que Ramesh a à dire», me réprimandait-elle à juste titre. «Alors vous pensez, euh, ce serait bien de voyager jusqu'à Bénarès pour voir les cadavres brûler.

«Et vous voir à Bénarès?»

«Aussi une perte de temps.»

Là, elle avait tort. Joy sortait toujours de ses courts cheveux noirs dans nos poches. Et la joie n'est jamais un gaspillage. Elle voyait mon amie Frances, heureusement disgracieuse, s'approcher de la véranda depuis la passerelle, et immédiatement nous entendions le rire étouffé de Sujata Ma. Frances adorait les sadhus, les siddis, toutes sortes de massages.

Elle pouvait avoir une opinion désespérée sur les auras des gens. «Vijay a une aura violacée. Il porte la douleur de son père. » Le problème sous-jacent de Frances était l’ennui. Notre professeur ne savait pas quoi faire d'elle. Un jour, elle est revenue tout bouleversée de sa promenade parmi les arbres reboisés.

«J'ai vu un faucon mourir sur le chemin», dit-elle. «Je l'ai ramassé.

«Lui avez-vous fait un massage des pieds?» A demandé Sujata Ma.

Ce rire à nouveau. Ce n'était pas comme si notre professeur manquait de compassion. Je pense juste qu'elle voyait certains Occidentaux comme des artistes de la performance spirituelle venus en Inde pour jouer sur la grande scène. «Une fois», m'a-t-elle dit, «Poonjaji m'a invité à son ashram à Lucknow. Nous parlions ensemble lorsque, de nulle part, deux fidèles se jetèrent face contre terre à ses pieds. «Sauve-moi, Poonjaji!» Ont-ils pleuré. 'Sauve-moi!'"

Regardant la rivière chaude et vide, elle se souvint de ce qu'un saint homme lui avait dit dans sa jeunesse: «L'accomplissement spirituel n'est pas quelque chose que tout le monde peut accomplir. Il faut du talent comme tout le reste. Elle m'a lancé un regard perçant qui m'a fait oublier à quoi ressemblait son rire.


Voir la vidéo: Colossus Cineplex Cinemas, Vaughan, Ontario